samedi, décembre 31, 2005

West Coast ain't Hip Hop? Young Lyfe: Real Lyfe


Young Lyfe: Real Lyfe


Après la génération NWA, Above The Law, CMW… puis la génération Bad Azz, Suga Free, Comrads… Los Angeles peut elle encore offrir des nouveaux talents à la hauteur de sa légendaire tradition ? L’émergence de E White, Shade Sheist, Knoc Turn’al ou Goldie Loc y a répondu par la positive. L’arrivée de Young Lyfe (de L.B.C, une référence en soi) le confirme. Son album mélange les recettes qui ont fait le succès de la G Funk au sens large et une modernité qui fait sortir le son angelino de ses standards habituels. Etrangement ces deux directions se retrouvent sur des titres différents, au point que l’album aurait certainement pu être divisé en deux parties, ou en deux faces comme un vinyle. Ainsi « Bounce with me », pourtant produite par Daz, ou bien « What lyfe is » et « Twerk it » (dans une moindre mesure) évoquent beaucoup plus le sud que toute autre région. Cette influence ne semble pas provenir de collaborations puisque tous les invités identifiables de l’album sont clairement de Los Angeles et que Young Lyfe représente fièrement pour la West Coast. Alors que Warren G fait équipe avec Mike Jones et qu’E 40 est produit par Lil Jon’, il s’agit certainement plus d’un signe des temps… Mais que les amateurs de L.A se rassurent, 80% de l’album est dans la veine L.A. On y retrouvera les basses, les mélodies, la richesse du jeu, les chants dans les refrains comme seul le gangsta rap sait en fournir et même quelques sirènes…

Le thème dominant de « Real Lyfe » est la fête, comme pouvait le laisser présager sa pochette, mais abordée de manière adulte. On est à mille lieues de Chingy, Bow Wow et autres « tipsy » La voix de O.G de Young Lyfe y contribue fortement par sa maturité, l’aisance calme de son flow aussi.

“Put’ em up, cause we all west coast sidin’
Drinkin’ on gin tryin’ get my highin’
Straight flossin’, pennie’s I’m tossin
We all ballin’ while ya yes’yall’in
Daz dilli’ pass me the swissy
We’z about to party, so let’s get naughty
My lady, step over here
The new Long Beach in the house my dear”

Young Lyfe se positionne à l’opposé du gangbanger écervelé dans lequel on a souvent voulu catégoriser le gangsta-rapper. Sa légère ressemblance avec Bizarre, le gros marrant des D-12 ne pourra pas tromper non plus, Young Lyfe est plutôt de la trempe des O.G’s… Mais il sait parler aux femmes, collabore d’égal à égal avec les pointures qu’il invite, traite ses sujets (qu’il sait varier) avec vécu. Et, très important, il a construit un véritable album et non pas deux ou trois singles comme on fait souvent dans le « rap de soirées ». Comme quoi le boycott du rap west coast par les Dj’s a peut être eu au moins une conséquence positive…


En écoutant et réécoutant cet opus venu de Long Beach, on découvrira avec plaisir que Goldie Loc est capable des meilleures productions sur le très riche « This is why », que Daz ne garde pas ses meilleurs titres que pour lui sur le très Long Beach G Funk «Put yo hands up », que Kam est toujours aussi majestueux et Kola Loc (ex-Doggy’s Angels) toujours un des meilleurs flows féminins de la planète. Los Angeles se porte bien, merci !


Young Lyfe fait preuve de très bon goût dans le choix de ses instrumentaux, qu’ils soient fournis par des références ou des nouveaux venus. Ses featurings sont très à propos et particulièrement efficaces. Alors que tous les protagonistes de son album ont fourni des prestations de qualité, Young Lyfe s’impose lui-même comme une nouvelle référence du gangsta rap californien. D’autant plus qu’il gratifie ses auditeurs de quinze vrais titres. Tous ces ingrédients font de « Real Lyfe » une sortie très solide de cette fin d’année.
Alors comme le dit sa chanson « Keep it groovin’ » !